« Jean-Christophe Lagarde veut conquérir le centre » – Libération – 14 septembre

« Jean-Christophe Lagarde veut conquérir le centre » – Libération – 14 septembre

Après Guillaume, voici Jean-Christophe le conquérant ! Tout de suite moins guerrier. Dimanche après-midi, au parc de l’île Saint-Germain sur la commune d’Issy-Les-Moulineaux (92), le député-maire de Drancy et candidat à la présidence de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, a tenu son «rassemblement des conquérants» en présence de près de 2 000 personnes, selon les organisateurs. Une manifestation de force réussie où le concurrent d’Hervé Morin, ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, d’Yves Jégo, également ministre éphémère de l’ancien président de la République et de Jean-Christophe Fromantin, député-maire de Neuilly, avait tenu à réunir tous ses soutiens.

A commencer par ceux puisés dans les rangs du Nouveau Centre, la formation créée et présidée par Hervé Morin, le principal adversaire de Jean-Christophe Lagarde dans la course à la tête du rassemblement de centre droit né sous les auspices de Jean-Louis Borloo. Dans la très longue litanie des soutiens qui ont pris la parole pour dire en quoi l’ambitieux député-maire de Drancy serait le meilleur président de l’UDI, le député et président du conseil régional de Côte-d’Or, François Sauvadet, André Santini, député-maire d’Issy-les–Moulineaux, Yves Pozzo di Borgo, le sénateur de Paris, Laurent Lafon, le maire de Vincennes ainsi que des représentants des radicaux valoisien ou de «la gauche moderne», le micro parti de l’ancien socialiste Jean-Marie Bockel et même des conseillers régionaux de «l’Alliance centriste» du député européen Jean Arthuis.

Sarkozy ou le retour d’Attila

Histoire de montrer pour Jean-Christophe Lagarde que son vivier électoral traversait toutes les petites étoiles de la galaxie centriste à l’origine du big bang de l’UDI voulue par Jean-Louis Borloo. Même Dominique Paillé, qui n’en est pas à un changement de monture en cours de course, était de cet après-midi champêtre pour dénoncer «le retour d’Attila, de Nicolas Sarkozy qui va une nouvelle fois tout brûler sur son passage». Dans cette bataille interne pour la gouvernance du centre droit, allié naturel à l’UMP comme l’a rappelé Jean-Christophe Lagarde dans son discours, lui revendique l’existence d’une famille centriste «conquérante avec l’ambition de devenir le premier parti de France et le moteur de l’alternance sans être à la remorque du pouvoir. Le centre n’est pas un milieu, pas une synthèse, un entre-deux ou un non choix».

Pas question pour lui d’accepter l’OPA de l’UMP envisagée par Nicolas Sarkozy dans le cadre de son retour sur l’UDI. «Je respecte Nicolas Sarkozy mais n’ayant été ni son affidé, ni son ministre, je me sens donc totalement libre», poursuit Jean-Christophe Lagarde, bien décidé à se faire le hérault de l’indépendance du centre. Pour mieux l’affirmer, il a déjà coché une date sur le calendrier de 2016, celle d’un congrès extraordinaire où la famille centriste se prononcera sur le choix de son candidat pour 2017. A cette date, le président en place de l’UDI sera alors le mieux placé et Jean-Christophe Lagarde ne doute pas qu’il sera pour la deuxième fois l’heureux élu.

Christophe Forcari

L’article sur le site officiel de Libération